R.G. Collingwood - The Idea of History (1946)


Voici ma proposition de résumé détaillé (et commenté) de cet ouvrage posthume de 280 pages du philosophe anglais R.G. Collingwood (1889-1943) sur la philosophie de l'histoire, publié en 1946 par Clarendon Press et réédité en version électronique en 2018 by Lume Books. L'auteur y développe ses thèses sur les spécificités de l'histoire comme source de connaissance et comme méthode d'investigation. 

Le principe de mes résumés (voir aussi ceux des ouvrages de Bergson et de Bachelard) est d'essayer de ne perdre aucune des idées principales et de respecter leur articulation et leur développement. J'y insère mes propres commentaires (ici en rouge).

En raison de la densité du propos, j'ai consacré une page séparée du blog à chacun des cinq chapitres. Le sommaire suivant permet d'accéder à chacune de ces pages.

SOMMAIRE

Historiographie gréco-Romaine
Influence de la christianité
Seuil de l'histoire scientifique
Histoire scientifique
Epilegomena

L'ouvrage contient deux parties principales. Les deux premiers tiers sont consacrés à l'histoire de l'histoire, sorte de revue critique en quatre chapitres des grandes conceptions de l'histoire traitée de manière chronologique. Le troisième tiers, intitulé Epilegomena, se distingue assez nettement des autres puisque c'est l'exposé des propres conceptions de Collingwood en matière de philosophie de l'histoire.

On y retrouve notamment, amplement développés, deux thèmes abordés dans son Autobiographie (1939): les complexes de questions/réponses et la ré-effectuation (re-enactement) du passé dans le présent.

Outre qu'il satisfait à une double curiosité intellectuelle (philo et histoire), l'ouvrage de Collingwood a un intérêt plus personnel encore: la méthode historique proposée s'applique à l'histoire du soi (self) en tant que pensée réflexive (reflexive thought) se prolongeant dans la pensée présente. Elle définit donc, à côté de l'histoire stricto sensu, une méthode s'appliquant à l'autobiographie que j'aimerais mettre en œuvre ici dans les années à venir. Elle consiste non pas à rabouter artificiellement des lambeaux épars de la mémoire mais à laisser la pensée rechercher spontanément son chemin d'hier à aujourd'hui, c'est-à-dire, pour l'historien de soi, à attirer la pensée passée dans la sphère du présent. Elle pose en effet l'hypothèse de la continuité, sinon de l'être, du moins de la pensée réflexive individuelle, et fait le pari de son intelligibilité et de sa transmissibilité pour qui la lit ou l'écoute.