MAI 2014

MAI 2014

inflexion 

Le printemps fait son entrée triomphalement avec quelques semaines d'avance. Le temps pour la lecture va commencer à se rétrécir au profit du jardinage, dont peut-être je parlerai aussi dans ce journal. D'ailleurs, après quelques hésitations, j'ai décidé de m'affranchir des contraintes que je m'étais fixé pour ce blog. Le propos principal reste bien centré sur la conduite d'une âme, si ce raccourci n'est pas trop prétentieux, mais je ne le limiterai pas aux lectures et à leur écho en moi. La nouveauté, au fond, c'est que je m'émancipe tout en me faisant plaisir, et que je m'expose un peu plus, au risque de montrer mes ridicules !
Je pense qu'il serait approprié, dans le cadre de ce propos général, de décrire et d'approfondir mon rapport spirituel à la nature, en particulier cette nature si intime que constitue un jardin, notre jardin. Comme la lecture et la capture des idées (au sens platonicien du terme), la vie au jardin est une forme de quête de formes et de sens. Il s'y cache des messages à notre intention personnelle, qui ne se livrent pas d'emblée. Il y a aussi des évolutions permanentes, des inflexions, des abandons, des sélections. Il y a un vocabulaire et une grammaire. Et puis il y a aussi mille illustrations possibles qui peuvent agrémenter la lecture. J'essaierai donc de me lancer.
Juste une correction du programme de lecture par rapport au billet précédent. J'avais l'intention d'approfondir la perception littéraire des grands concepts métaphysiques à travers les œuvres de la seconde période de Bachelard. Tel reste bien mon objectif à moyen terme. Mais je crois pertinent, pour mieux me préparer à cette lecture difficile, de relire avec suffisamment d'application certains ouvrages de Bergson, dans le sillage de la philosophie spiritualiste des XIXème et XXème siècles en France. J'ai jeté mon dévolu sur les deux recueils d'essais dans lesquels on trouve, d'une certaine manière, une forme de synthèse de ses idées: l'Énergie Spirituelle, publié en 1919, et la Pensée et le Mouvant, en 1938. Je rendrai compte de ma lecture le moment venu.